Publié le 30 mars 2017
par Théo Thiant

L’Analyse Nanar n°6 : « Le Calamar Catcheur » (2004)

Et c’est le grand retour de l’Analyse Nanar en ce mois de Juillet tellement chaud-patate, avec un film que vous n’attendez probablement pas, au titre simpliste certes, et qui pourtant vous fera rêver, voyager, réfléchir, que dire de plus : de l’art à l’état pur.

Sélectionné pour vous par nos soins, ce « Ika Resuraa » (en français : « Le Calamar Catcheur ») est écrit et réalisé en 2004 par Minoru Kawasaki (un mec chelou connu pour ses films chelous – genre « Executive Koala », l’année suivante). Sa particularité ? Nan, franchement, il faut qu’on vous explique ?

Les +

L’histoire : …Ou plutôt le concept. Alors que Taguchi remporte la plus grande compétition de catch du Japon, un étrange adversaire apparaît et lui latte sa face devant toutes les télés du pays. Sa particularité ? Encore ? Bon, ok, tenez-vous bien : c’est un calamar. Vous ne vous y attendiez pas, on le sait, mais remettez-vous en, car ce calamar est le personnage principal, et vous le suivrez pendant tout le film, la surprise ne retombant qu’au moment où apparaîtront successivement une pieuvre boxeuse, puis une écrevisse catcheuse. Priceless, et surtout, tellement inattendu.

Hop, on mélange tout notre plateau de fruits de mer avec un retour sur les origines de nos copains visqueux, un peu de religion sacrée, une histoire d’amour, carrément un semblant de psychologie parents-enfants (si-si, bah, tant qu’on y est, hein), on laisse mijoter pendant une bonne heure et demi à température d’aisselles, et on en ressort avec les yeux exorbités, un peu douloureux, mais heureux pour la soirée !

Le(s) personnage(s) : Allez, faites pas les bonhommes et avouez le : rien que pour le yolo, on aimerait tous sortir UN film sur grand écran avec des personnages pareils. Il ne peut en être autrement. Exit les personnages hollywoodiens stéréotypés, là, c’est du lourd, du profond, les personnages sont recherchés, ont une personnalité, une histoire, des relations, etc. Nan mais c’est pas ironique là! En plus,  les acteurs principaux sont de vrais catcheurs japonais (comme Osamu Nishimura), donc rien que pour le lulz, ça vaut le coup.

Le sexe : Pardon, l’histoire d’amour. Ouais, en fait, on sait pas trop-trop, mais comme on connaît les japonais et leur attirance franchement chelou pour tout ce qui a des tentacules, on leur pardonne et on se contente de se bidonner pendant les séquences pseudos-érotiques plutôt que de se creuser la tête sur la question. Ah nan mais parce que vous croyez qu’on plaisante ? Que nenni les potos, les séquences de séductions et de purikura entre deux courses au marché local en amoureux ont une vraie finalité, toute rose et avec une musique dégueulasse, etc, bref un gros moment de love comme on les aime !

Les références : On parlait de l’apparition de véritables catcheurs Japonais, rajoutons aussi certains séquences clin d’œil que vous reconnaîtrez aisément, et qui apporte de la fraîcheur au film… On vous laisse un avant-goût avec l’image suivante :

Les –

Les effets spéciaux/les costumes : forcément, c’est ce à quoi on pense en priorité, et il faut vite admettre que c’est vraiment très cheap. En gros, le Calamar Catcheur, c’est un monsieur avec un pantalon argenté et un gros costume de poulpe qui lui couvre de la tête au bassin, et qui n’a enfilé que deux tentacules parce que, hè, devinez quoi, l’acteur n’a que deux bras (merde alors!). De toutes façons, l’animatronique et les images de synthèse, ça n’a pas encore été inventé donc voilà, hein. Quoi ? Si ? Mais non, n’importe quoi. Et puis quoi qu’il soit, on ne peut pas se payer des vrais catcheur ET des vrais animateurs. Enfin, je sais pas, il paraît, c’est un bruit qui court.

Pareil pour le visage du Calamar (et des autres bestioles  – humains inclus –), dont les expressions faciales se résument à trois (et encore, on est large) : yeux ouverts, yeux mi-clos, et yeux fermé. Boom, grosse ambiance, le jeu d’acteur est au top du top, enfin, si vous avez une bonne imagination ou si vous êtes portraitiste judiciaire à la Bac.

Allez, on termine par la voix qui… Nan, franchement, y a rien à dire en fait, les Minions sont à l’Académie Française à côté. En gros, c’est une espèce de vocaloïde sur fond de patois de l’Hokkaido du Sud, bref, on cherche même pas à comprendre quand on est japonais (le Calamar est carrément sous-titré en Japonais même dans la VO non sous-titrée…), donc voilà, c’est sans commentaire tant sur le fond, incompréhensible, que sur la forme, qui cherche à nous faire croire qu’un poulpe géant parle forcément comme s’il avait appris le Japonais avec David Guetta shooté à l’Hatsune Miku. Perso, j’abandonne.

Les combats : Vrai gros défaut du film : un film sur le catch, on s’attend à quoi ? Des parties de pétanque ? Sérieusement les mecs, là, il fallait mettre le paquet ! Ebanon. Là, on a le droit à des espèces de combats d’infirmes plus proches du hentaï que du catch, surtout quand la pieuvre et l’écrevisse s’en mêlent. Franchement dommage, parce qu’en vrai, ça aurait pu être un énorme point fort au lieu d’une vaste blague. Là, le Calamar Catcheur, il a juste autant de street credibility que toi quand tu te bats armé d’une frite contre ton petit cousin à la piscine municipale.

Les rebondissements : La limite du film. En faisant apparaître d’emblée son personnage éponyme, et en le présentant qui plus est comme invincible dès le début du film, le film crache lui-même allègrement sur son propre effet de surprise. Sa seule solution : faire apparaître un autre super méchant, puis encore un autre, etc. Niveau Dragon Ball, en gros, le côté héroïque et über-badass en moins.

L’image : Dernier défaut dommageable qu’on relèvera : aux mauvais cadrages se succèdent un montage pas hyper entraînant, une colorimétrie à la qualité très variable, joyeusement mélangés à des images d’archive de scènes de foule pendant les combats de catch, le tout de manière pas du tout crédible. Bon, allez, ça nous fait quand même rigoler, mais tout de même, c’est franchement pas beau.

Conclusion :

« Le Calamar Catcheur », un long-métrage qu’on qualifiera d’ « osé dans son concept sans être franchement original dans son histoire« , mais qui recèle pourtant des personnages intéressants sur le fond, bien qu’assez mal exploités sur la forme et dans l’action… Une petite perle qui ne manquera pas d’intéresser les plus malades d’entre vous malgré tout !  Félicitation, vous pourrez bientôt ajouter une nouvelle ligne sur votre C.V. !

Vous pouvez donc retrouver la bande annonce du film sur Youtube, uniquement en Japonais non sous-titré, parce que tous les lecteurs d’AnotherVibe sont bilingues, ça, on le sait… Mais aussi retrouver le film en téléchargement, voire même, pour les artistes les plus ambitieux parmi nos lecteurs, vous procurer le dvd de la cassette directement auprès de notre équipe d’A.N.E. (Analystes Nanards d’Elite), pour la modique somme d’une centaine d’euros (prix à débattre, payable en bière – contacter au-bout-du-film.fr). Bon, sinon, il est à la Fnac pour six euros, mais ils sont pas gentils alors que nous, si.

Voilà, c’est tout pour ce mois de juillet, n’oubliez pas que manger japonais est malgré tout toujours légal en 2015, et que c’est bien rafraîchissant en été! Un peu comme les pastèques, les Mister Freeze, ou les bébés congelés ! Et rendez-vous le mois prochain pour un autre film qui vous permettra de passer l’été au frais, c’est promis ! 

Vince Duke

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